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26/05/2020

Récits d'apparitions

  Poursuivant nos recherches, nous avons trouvé cet étrange article, tiré de La revue spirite de Mars 1878 qui cite un ouvrage dont nous ignorions l’existence : Les jésuites pendant la guerre (1870-1871) par l’abbé Edouard Maillard[1]. L’article propose quelques extraits ayant traits aux apparitions des Pères Jésuites après leur mort. Nous citons cet article in-extenso dans l’attente de mettre la main sur l’ouvrage du Père Maillard. Il va de soi que cela ne constitue en rien une quelconque approbation des doctrines spirites dont nous restons éloignés, pour dire le moins[2].

  Notons que le récit de l’apparition du R. P. Olivaint à la jeune personne, dont il est question ci-dessous est signalé par Charles Clair, son biographe, comme figurant page 215 des Actes de la captivité et de la mort de cinq Pères de la Compagnie de Jésus, par le R. P. Ponlevoy - mais nous n’avons pu retrouver ce passage dans les éditions que nous avons consulté. Ce passage a dû être rajouté dans une des nombreuses rééditions ultérieures.

  Il va sans dire que nous serions infiniment reconnaissant si des informations complémentaires (voire une copie du document !) pouvaient nous être fournies.

La rédaction.

 

[1] Maillard, Edouard : Les Jésuites pendant la guerre (1870-1871). Édité par Vve. H. Casterman, Tournai, 1875.

[2] Sur le spiritisme, nous recommandons la seule étude sérieuse sur le sujet : Guénon, René, L’erreur spirite, Les Éditions traditionnelles, Paris, 1952.

Revue Spirite mars 1878.jpg

REVUE SP1RITE – JOURNAL D’ÉTUDES PSYCHOLOGIQUES

21° année. N° 3. Mars 1878. (pp. 48-51).

Les Esprits se montrent et parlent aux hommes.

Nous lisons dans l’Ostendais du 16 Janvier 1878, un article dont nous désirons donner aux lecteurs de la Revue, les passages les plus intéressants et les plus en rapport avec l’esprit de notre journal :

La Feuille d’Ostende vient de publier un article traduit du Duinengalm, dans lequel la feuille avoue à son tour que les rapports des défunts avec les vivants sont possibles. Mais elle accompagne cet aveu de plusieurs restrictions qui font hausser les épaules à tout homme de sens. Je ne m’arrêterai donc pas à ces restrictions ; je me bornerai à citer quelques réponses de personnes compétentes sur ce sujet, réponses qui nous intéressent tous plus ou moins.

Quand j’entendis pour la première fois parler du spiritisme, je ne pus m’empêcher d’en rire. Cependant, à quelque temps de là, j’eus l’occasion de lire le Livre des Esprits, écrit par Allan Kardec. La lecture de ce livre fit tant d’impression sur moi, que je ne pus m’empêcher de consulter les autres ouvrages du même auteur. Aujourd’hui, j’avoue franchement être partisan de la philosophie spirite, sans toutefois me livrer à aucune expérimentation. Je continue la lecture des livres et des Revues spirites, et je déclare formellement que le Spiritisme explique clairement, et avec arguments irréfutables, tout ce qui a trait à l’existence de Dieu et des hommes ; le Spiritisme réfute victorieusement les attaques dirigées contre lui. C’est grâce à la philosophie Spirite que je suis parvenu, à quatre reprises différentes, à arracher des aveux complets à des ministres catholiques. Le premier aveu fut l’affirmation des rapports entre les hommes et les Esprits. « Il faudrait être bien ignorant, me dit le prêtre, pour n’y pas croire. C’est la base de l’enseignement catholique. Mais l’Église seule obtient les révélations des bons Esprits. » Le second aveu fut la définition exacte de ce qu’il faut entendre par diables ou démons ; le troisième la négation de 1’existence d’un ciel et d’un enfer dans des endroits circonscrits. Ici, mon adversaire me tint ce langage : « L’Église doit menacer de peines physiques, matérielles ; elle doit employer ce mensonge, car il est salutaire. À l’exemple de Jésus-Christ elle ne dit pas tout aux hommes Ceux-ci ne comprendraient pas encore. Ce serait aussi imprudent que d’apprendre à l’enfant où il est né. » — La quatrième fois j’obtins l’aveu de la réincarnation. Jésus-Christ l’a formellement enseignée : cet enseignement se trouve en toutes lettres dans la Bible. D’ailleurs, sans la réincarnation Dieu ne pourrait prouver sa justice !...

La Feuille d’Ostende prétend que les Esprits se montrent et parlent aux hommes dans des cas extrêmement rares. C’est le contraire qui est vrai. Sur mille preuves que je puis lui fournir, je vais lui en donner une qu’elle ne récusera certes pas, car elle est fournie par des personnes qui ont bien certainement toute sa confiance. La voici :

J’ai ici devant moi un livre intitulé : Les jésuites pendant la guerre (1870-1871) par l’abbé Edouard Maillard. Ce livre se vend à Paris, librairie catholique, rue Bonaparte, 66. — On y lit : Apparition du P. Olivaint a une pieuse personne (page 111) ; le P. de Bengy appelle sa mère (page 112) ; apparition des cinq jésuites martyrs à une personne mourante (page 113.)

Voici quelques extraits de ces récits :

Apparition du P. Olivaint à une pieuse personne.

Une personne connue pour la fermeté de son caractère et l’excellence de sa vertu, écrivait du Midi de la- France au P. de Pontlevoy, quelques jours après le massacre des otages :

« Mon Révérend Père,

« Le vendredi, 26 mai 1871, vers six heures du soir, j’étais en train d’écrire, et rien de ce que j’écrivais ne pouvait ramener ma pensée sur Paris ni sur les otages, lorsque tout à coup le R. P. Olivaint m’apparut tout souriant. (Suit les descriptions des traits, etc., de l’Esprit.)… Cette apparition était presque pour moi une certitude que le crime était accompli. Je ne l’appris en réalité que le lundi 29 mai. »

Dans une lettre précédente, cette personne avait mandé au P. de Pontlevoy, qu’elle avait des raisons pour croire que le P. Olivaint avait consommé son sacrifice entre cinq et six heures le 26. C’était l’heure à laquelle il lui était apparu. Le P. Olivaint était, en effet, massacré le 26 mai, entre cinq et six heures.

Le P. de Bengy appelle sa mère.

(Fin de la lettre)… Monseigneur de la Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges, accourt lui-même. En entrant dans la chambre, à la vue de ces deux figures si calmes et si sereines, qui semblent se sourire, même dans la mort, il donne aussitôt le vrai mot de la situation : « C’est frappant ! s’écrie-t-il ; le fils appelle sa mère ! » Le soir même elle allait rejoindre son fils.

Apparition des cinq jésuites martyrs à une personne mourante.

(Juin 1872).

... Tout à coup elle dit à la femme de chambre assise au pied de son lit : « Cécile, écartez vous ; voilà les Pères ! Je les vois !... Voici le P. Olivaint !... Il dit : Prépare-toi à la mort !... »

Elle nous fit chercher immédiatement, et nous dit ce qui venait de se passer. Elle était dans la possession la plus pleine de toutes ses facultés. À chacun de nous elle fit ses dernières recommandations, fit venir ses petits enfants et leur adressa à tous les plus touchants adieux.

Nous ne voulions croire qu’elle fut à la dernière extrémité, et, pour ne pas la fatiguer, nous nous retirâmes, ne laissant que mon père auprès d’elle. Il était quatre heures environ. Sur les cinq heures, elle me fit appeler pour un petit détail concernant la maison. Je m’agenouillai près d’elle et lui dis : « Ma chère mère, tu as donc vu les Pères ? — Oui, je les ai vus !

« Comment étaient-ils ? — Ils étaient là, près de ma cheminée, dans une auréole. Le P. Olivaint m’a adressé la parole, et puis ils ont disparu ! »

Sur les sept heures les médecins revinrent ; ma mère leur fit ses adieux : quelques minutes après, l’agonie commençait, agonie bien calme ; et à une heure du matin, elle expirait... Signé H. H.

La feuille d’Ostende désire-t-elle d’autre preuves ? Je suis prêt à les lui donner.

C. V. D. B.

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24/05/2020

In memoriam - 24 mai 1871 - 24 mai 2020

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18/04/2020

Une guérison miraculeuse rue de Sèvres (juillet 1871)

Nous proposons ici la relation d'un miracle survenu à Paris, dans l'église du Gesu de la rue de Sèvres, le jour même de la translation des corps des vénérés RR PP martyrs. Il s'agit d'une lettre parue dans le Journal de Bruxelles et reproduite dans The Pilot, journal de Boston (Massassuchetts). Le texte en anglais est donné, suivi d'une traduction libre.

The Pilot_Miraculous cure (1871).jpg

The Pilot, Volume 34, Number 35, 2 September 1871

 Miraculous Cure

We (Brussels Journal) have received communication of the following letter, which is written by a Jesuit Father in Paris, well known both in Belgium and France, alike for the eloquence of his preaching and the solidity of his published works. Dating from Paris, July 23rd, 1871, he says: — On Monday last took place the translation of the mortal remains of the Rev. Fathers Olivaint, Ducoudray, Caubert, Clerc, and de Bengy. They were removed from the cemetery of Mont Parnasse to the Church of Jesus, in the Rue de Scores[1]. The translation was made without difficulty, but it was done with closed doors, as had been recommended on several accounts. It has, however, been marked by a favor of a miraculous kind. A young woman, aged 21, had a disease in her knee, which was pronounced incurable, it was an anchylosis or white swelling, and had affected her general health to such a degree that her life was despaired of. She was suffering from a severe attack of peritonitis, and had received the last sacraments a fortnight previously. On Saturday, the 22nd of July, the physician of the establishment where she was, said that there was no hope of her recovery. However, the poor girl had been praying very fervently to Père Olivaint, who had prepared her for her first Communion. She had made five Novenas, the last of which would end on the following Monday. the 23rd. She was brought, at her own desire, in a carriage to be present at the translation, and was carried in arms like an infant to the coffin, for she was too weak to make the least movement of herself. Scarcely had she touched the bier, when her legs became of equal length; one had been considerably shorter than the other. She then stood upright and walked behind the coffin as it was being carried into the church. Going in with it, she placed herself on her knees without any support, and remained in that posture nearly ten minutes. Presently, seeing the officiating priest sprinkling the holy water, she rose up and walked all round the church to the tomb, and when all was over, she returned on foot to her own home, which is at Notre Dame-des-Champs. She walks from thence to the church every day to pray. I saw her yesterday; she is perfectly cured. The peritonitis is gone, so is the disease and pain in the knee. We are promised a medical attestation, and there are numerous other witnesses who are ready to testify to the fact in any way that may be required.

 

https://newspapers.bc.edu/?a=d&d=pilot18710902-01.2.72

 

Souvenir_du_25e_anniversaire (2).jpg

Traduction libre:

Guérison miraculeuse

Nous (Journal de Bruxelles) avons reçu communication de la lettre suivante, qui est écrite par un Père Jésuite de Paris, bien connu tant en Belgique qu’en France, et autant pour l’éloquence de ses prêches que la solidité des ses travaux publiés. Datant de Paris, le 23 juillet 1871, il dit : — Lundi dernier s’est déroulée la translation des restes mortels des RR. PP. Olivaint, Ducoudray, Caubert, Clerc, and de Bengy. Ils furent transférés du cimetière du Montparnasse vers l’église du Gesu de la rue de Sèvres. La translation se déroula sans difficulté, mais elle se fit les portes fermées, ainsi que l’on nous l’avait recommandé en diverses occasions. Elle fut, toutefois, marquée par une faveur miraculeuse. Une jeune femme[2], âgée de 21 ans, avait une maladie au genou qui avait été prononcée comme incurable, c’était une anchylose ou gonflement blanc qui avait affecté sa santé générale à un degré tel que sa vie était désespérée. Elle avait souffert d’une attaque sévère de péritonite et avait reçu les derniers sacrements la quinzaine précédente. Le samedi 22 juillet, le médecin de l’établissement où elle se trouvait dit qu’il n’y avait plus d’espoir de rétablissement. Toutefois, la pauvre fille avait prié avec beaucoup de ferveur le Père Olivaint, qui l’avait préparé pour sa première communion. Elle avait fait cinq neuvaines, dont la dernière devait finir le lundi suivant, le 23. Elle avait été amenée, selon son désir, dans une voiture pour être présente à la translation et fut transportée dans les bras comme un enfant vers le cercueil étant trop faible pour faire le moindre mouvement elle-même. À peine avait-elle touché la bière que ces jambes devinrent d’une longueur égale ; l’une ayant été considérablement plus courte que l’autre. Elle s’est alors mise debout et a marché derrière le cercueil alors qu’il était transporté dans l’église. Entrant avec lui, elle s’agenouilla sans aucun soutien et resta dans cette position presque dix minutes. À présent, voyant le prêtre officiant aspergeant l’eau bénite, elle se mit debout et marcha tout autour de l’église jusqu’au tombeau et quand tout fut terminé, elle rentra à pied à sa maison, qui se trouve à Notre-Dame des Champs. Elle marche de là à l’église tous les jours pour prier. Je l’ai vue hier ; elle est parfaitement guérie. La péritonite a cessé de la même façon que la maladie et la douleur au genou. On nous a promis une attestation médicale et de nombreux autres témoins sont prêts à attester du fait de quelque manière que ce soit.

 

[1] Sic ! pour Rue de Sèvres [ndlr].

[2] Adélaïde Gain, comme le précise le R. P Charles Clair, dans son ouvrage Pierre Olivaint, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Paris, 1890.